Mémoire d'une jeune femme dérangée

''17 ans. On s'empêche de mourir par politesse. La salle est pleine, elle a payé, on lui doit le spectacle.'' (Marguerite Duras, Savannah Bay)

Publié le lundi 24 janvier 2005

Lundi 24 janvier 2005

J'ai eu l'occasion aujourd'hui de goûter aux délices de la bureaucratie et de ses gentils et joviaux employés encravatés... Arrivée tout souriante au Cégep, dans l'espoir de faire autoriser des photocopies de mes relevés de notes et de mon certificat, je constate rapidement qu'il y a une jolie lignée devant le bureau du registrariat. Yé. J'attends une dizaine de minutes, moment où une employée du nom de Diane (si je me fie à l'étiquette sur sa chemise... quoi que c'est peut-être seulement pour brouiller les pistes aux futurs remplisseurs de plaintes) ouvre le second comptoir à ma gauche. Je m'y faufile rapidement, toujours avec le sourire, et explique ma demande à cette chère Diane.
- Pour une assermentation? Au 252-B, deux étages au-dessus.
Bon... je monte les escaliers et entre dans le bureau, où je découvre Josée qui fait un casse-tête avec un monsieur bizarre (c'est vrai, elle faisait vraiment un casse-tête!). J'explique à nouveau mon problème...
- Ah ben non, je suis trop occupée maintenant (!), faut que tu reviennes demain. Mais je travaille demain! Elle me réfère finalement au 242-B, un étage en-dessous, prenez le corridor de droite et tournez à gauche, où Sylvie fait peut-être des assermentations... Je descends, arrive dans le bureau de la dame... vide. - Sylvie est en vacances pour deux semaines, me répond d'une voix tout ce qu'il y a de plus grinçant sa secrétaire... Je ré-explique mon problème et la dame ne semble rien comprendre, me référant d'abord à mon université (j'y suis jamais allée à l'université), puis me disant qu'habituellement, les gens qui font des demandes de prêts n'ont pas besoin d'assermentation.
- Euh, c'est pas pour un prêt, c'est pour une inscription à l'université... juste une petite signature.
- Pas pour un prêt? (Prend un air de bureaucrate occupée) Ben alors il faut aller voir Josée au 252-B!!
- (Ma pression monte) Mais c'est elle qui m'a référée ici!
- Pfffff... (gros gros soupir de bureaucrate) Ok, je vais l'appeler d'abord... C'est ce qu'elle fait finalement, aussi laborieux que cela puisse paraître. Elle jase un peu avec madame, puis me demande mon numéro d'étudiante.
- Euh, je suis pas étudiante, comme je vous ai expliqué je suis en sabbatique cette année, j'ai terminé ici la session dernière.
- Ah ben non alors, nous on assermente seulement les étudiants du Cégep!!
- !!
- Faudrait que tu ailles voir un juge de paix.
Cibole... je quitte le bureau, je remets ma tuque en sacrant intérieurement et je marche 20 minutes à -20 degrés jusqu'au Palais de Justice en sacrant contre ce foutu système qui semble vouloir rendre les démarches de monsieur-madame-tout-le-monde le plus compliquées possible. Est-ce que je vais m'en sortir vivante ou alors ils vont me retrouver dans deux semaines, morte au fond du 232-B, tournez au deuxième corridor à gauche? Finalement (et à ma grande surprise), tout se passe très vite au Palais de Justice et j'ai rapidement ma signature en poche. Une simple petite signature. Coudonc, je dois pas être un cas si unique au Québec... je n'ose même pas penser aux immigrants, particulièrement ceux dont les papiers sont dans une autre langue que le français. Quel système compliqué (souvent pour rien)...



2 Commentaires :

Commentaire écrit le mardi 25 janvier 2005 à 23:35:47 (lien)
Cath - http://catherine.canalblog.com
C'est dans des moments comme ceux-là que je suis contente d'avoir fait mes études collégiales dans un petit collège, où le directeur est prêt à signer n'importe quoi.

Bonne chance dans tes démarches (ça me fait penser que je dois faire les miennes...)

Cath


Commentaire écrit le mardi 25 janvier 2005 à 22:39:52 (lien)
M\'sieur François - http://www2.le-memo.net
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